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CFE et taxe d’habitation en location saisonnière : qui paie quoi ?

26 juillet 2026 6 min de lecture
CFE et taxe d’habitation en location saisonnière : qui paie quoi ?

Ce que vous devez savoir sur CFE et taxe d’habitation

  • Plus de 400 000 propriétaires déclarent des revenus de location meublée courte durée en France, beaucoup ignorant leur obligation CFE.
  • La CFE est due dès le premier euro de recettes, sauf exonération sous 5 000 euros annuels à demander expressément.
  • La première déclaration CFE (formulaire 1447-C) doit être déposée avant le 31 décembre de l’année de début d’activité.
  • La taxe d’habitation sur les résidences secondaires peut être majorée jusqu’à 60 % dans certaines communes touristiques (Paris, Bordeaux, Lyon).
  • La CFE est déductible de vos revenus locatifs en régime réel ; la taxe d’habitation, elle, ne l’est jamais.

Vous venez de mettre votre appartement sur Airbnb ou Abritel. Premiers revenus encaissés, premiers sourires. Puis une lettre arrive : l’administration fiscale vous réclame une CFE. C’est quoi exactement ? Et la taxe d’habitation, elle disparaît vraiment pour les meublés de tourisme ?

Location saisonnière, CFE et taxe d’habitation forment un trio fiscal que personne ne vous explique au moment où vous vous lancez. Pourtant, ces deux prélèvements peuvent peser lourd sur votre rentabilité. Voici ce que vous devez savoir, sans détour.

💡 Chiffre clé : selon la Direction Générale des Finances Publiques, plus de 400 000 propriétaires déclarent des revenus de location meublée de courte durée en France. Beaucoup ignorent encore leur obligation au titre de la CFE.

La CFE en location saisonnière : qui la paie vraiment ?

Bloc-notes jaune avec mot TAXES écrit

La Cotisation Foncière des Entreprises est due par toute personne exerçant une activité professionnelle non salariée. Louer un bien en meublé de tourisme, c’est exercer une activité au sens fiscal. L’administration ne fait pas de cadeau là-dessus.

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Votre statut importe peu : que vous soyez en micro-BIC, en régime réel ou en LMNP, vous êtes redevable de la CFE. Si vous vous interrogez sur les contraintes propres à ce dernier statut, les vrais inconvénients du statut LMNP méritent d’être lus avant de choisir. La seule exception concerne les loueurs qui ne dépassent pas 5 000 euros de recettes annuelles. En dessous de ce seuil, exonération totale.

Comment est calculée la CFE ?

La base de calcul repose sur la valeur locative cadastrale du bien loué. C’est la commune qui fixe le taux applicable. Résultat : deux propriétaires dans des communes voisines peuvent payer des montants très différents.

À cela s’ajoute une cotisation minimum fixée par la commune, indépendamment des recettes. En pratique, beaucoup de petits loueurs paient cette cotisation minimum, souvent comprise entre 200 et 800 euros selon la ville. Pas négligeable pour un bien qu’on loue trois mois par an !

Quand et comment déclarer ?

La première déclaration CFE (formulaire 1447-C) doit être déposée avant le 31 décembre de l’année de début d’activité. Si vous ratez cette échéance, l’administration l’estime elle-même. Rarement à votre avantage.

Les années suivantes, vous recevez directement votre avis d’imposition en novembre. Le paiement s’effectue en ligne sur impots.gouv.fr, au plus tard le 15 décembre.

La taxe d’habitation sur les meublés de tourisme : le grand flou

La CFE réglée, beaucoup de propriétaires pensent avoir fait le tour. Erreur ! La taxe d’habitation entre aussi en jeu, mais sous une forme différente.

Depuis la suppression progressive de la taxe d’habitation sur les résidences principales, une distinction s’est imposée. Les meublés de tourisme classés et les chambres d’hôtes restent soumis à une taxe d’habitation spécifique. Elle s’applique au 1er janvier de chaque année, si le bien est disponible à la location à cette date.

📋 À retenir : si votre logement sert à la fois de résidence principale et de location saisonnière (location d’une chambre chez vous, par exemple), la taxe d’habitation ne s’applique pas sur la partie que vous habitez. Seul le bien dédié exclusivement à la location est concerné.

Le cas particulier des communes touristiques

Certaines communes ont voté une majoration de taxe d’habitation sur les résidences secondaires, pouvant atteindre 60 % selon les chiffres du Sénat. Paris, Bordeaux, Lyon : ces villes appliquent le taux maximum autorisé par la loi.

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Si votre bien de location saisonnière est une résidence secondaire dans une zone tendue, vous cumulerez peut-être les deux : CFE au titre de l’activité commerciale, et taxe d’habitation majorée au titre de la résidence secondaire. C’est légal. Et c’est douloureux.

Quelles exonérations sont possibles ?

Bonne nouvelle : des dispositifs d’exonération existent. Ils ne sont pas automatiques. Il faut les demander.

  • Exonération CFE pour recettes inférieures à 5 000 euros : à demander via le formulaire 1447-M avant le 31 décembre de l’année précédente.
  • Exonération CFE première année : l’année de création d’activité, vous bénéficiez d’une exonération automatique sur la totalité de l’année.
  • Exonération taxe d’habitation meublé de tourisme classé : certaines communes accordent une exonération sur délibération. Renseignez-vous auprès de votre mairie avant le 1er octobre.

Ces exonérations ne se cumulent pas toutes. Et elles varient d’une commune à l’autre. Consultez votre centre des impôts local avant de supposer que vous êtes exonéré.

Main remplissant formulaire fiscal avec calculatrice

CFE ou taxe d’habitation : quel impôt coûte le plus cher ?

Difficile à dire de manière générale. Voici un comparatif pour vous aider à visualiser.

Impôt Base de calcul Montant indicatif Déductible des revenus ?
CFE Valeur locative cadastrale 200 à 2 000 euros Oui, en régime réel
Taxe d’habitation Valeur locative brute 100 à 1 500 euros Non

Ce que beaucoup de propriétaires ignorent : la CFE est déductible de vos revenus locatifs en régime réel. Si vous avez opté pour ce régime, vous récupérez une partie de la charge fiscale. La taxe d’habitation, elle, ne se déduit jamais. Raison de plus pour vérifier votre régime d’imposition.

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Faut-il vraiment s’inquiéter de ces taxes ?

Honnêtement ? Oui. Pas parce que ces impôts sont écrasants dans l’absolu, mais parce que personne ne vous les annonce spontanément. Les plateformes comme Airbnb ou Abritel ne vous préviennent pas. Les notaires non plus, en général. Vous découvrez la CFE quand l’avis arrive. Trop tard pour l’avoir anticipé dans votre business plan.

Ce qui m’énerve vraiment dans ce système : le manque de lisibilité. Un propriétaire qui loue son studio deux mois l’été ne se perçoit pas comme un entrepreneur. Pourtant, fiscalement, c’en est un. L’administration applique les mêmes règles qu’à un professionnel de l’hôtellerie.

Conseil pratique : dès votre première mise en location, déclarez votre activité auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE de l’URSSAF) et remplissez le formulaire 1447-C. Vous éviterez une régularisation surprise plusieurs années après le début de l’activité.

Les erreurs les plus courantes

  • Ne pas déclarer la CFE la première année : l’administration rattrape toujours, souvent avec des intérêts de retard.
  • Confondre la CFE avec la CET : la Contribution Économique Territoriale englobe la CFE et la CVAE. En tant que loueur saisonnier, vous ne payez généralement que la CFE.
  • Oublier de demander l’exonération en cas de faibles recettes : elle n’est jamais accordée automatiquement.

Anticipez ces charges dès le départ. Intégrez la CFE et la taxe d’habitation dans votre calcul de rentabilité avant de fixer vos tarifs de location saisonnière. Vérifiez chaque année si votre commune a modifié ses taux ou instauré une nouvelle exonération. Et si vous dépassez les 5 000 euros de recettes, passez en régime réel : la déductibilité de la CFE changera vos chiffres.